Petit cours de pose de faïence

Un grand moment que ce week-end puisque j’ai eu l’opportunité de prendre un cours express de pose de faïence. Et je remercie M., apprenti compagnon carreleur, qui a eu la gentillesse de passer une journée avec moi sur la faïence de la salle de bain. Et je reconnais son héroïsme et sa patience face à mes dizaines de questions débridées. Je n’ai pas la prétention de devenir une professionnelle en une journée, mais ses remarques vont m’aider à éviter les plus grosses bêtises.

Alors aujourd’hui, je vous propose un post un peu technique mais qui va me servir de pense-bête pour la poursuite des travaux. Alors voici ma NPMM : Note Pour Moi-Même !
Le point de départ de ce cours accéléré, c’est ce fameux receveur de douche qui a été posé il y a quelques semaines. La faïence avait été choisie il y a déjà un moment, pendant des soldes. J’avais retenu des carreaux assez sobres de 40 cm x 20 cm, plutôt clairs pour donner de la lumière à la pièce et surtout dans un ton proche de celui du mur de moellons rejointoyés de la salle de bain (ton pierre).

Bien évidemment, en préalable à tout chantier, celui-ci est protégé. En l’occurrence, des cartons sont posés sur le receveur pour éviter de l’abîmer et le seau de colle est posé lui aussi sur un carton.

Le mur qui va recevoir le pommeau de douche fait face à la porte de la salle de bain et j’avais dans l’idée de créer une perspective. J’avais donc demandé à ce que les carreaux ne soient pas posés dans le même sens afin de créer une ligne de fuite. Les complications qui en découlent sont nombreuses et seul un professionnel pouvait ajuster des solutions :
– en mettant un carreau central à la verticale et les autres à l’horizontale, les joints ne se trouveraient plus en face les uns des autres (ce qui serait très moche !) ;
– un carreau ne doit pas être coupé à moins de la moitié de sa taille pour conserver un aspect esthétique à l’ensemble (l’idéal étant de ne pas descendre à moins de 2/3 de coupe) ;
– Le receveur de douche dépasse du sol de 2 à 3 cm environ et il faut en tenir compte à la coupe pour les carreaux qui vont dépasser du receveur ;
– Ce mur constitue le point de démarrage de l’ensemble de la faïence et doit donc être particulièrement soigné.
Le travail a donc débuté par le calepinage, autrement dit la mise en situation de la première ligne complète de carreaux pour se rendre compte de l’ensemble puis le positionnement précis du premier carreau central. La ligne de centre est tracée sur le mur et sa verticalité est vérifiée au niveau. Ce premier carreau est coupé à sa base afin d’ôter la hauteur du receveur.

1ère leçon : il faut se souvenir qu’aucun mur n’est jamais droit et c’est le rendu esthétique final qui doit primer.

2ème leçon : la coupe des carreaux de faïence se fait avec une carelette à main. J’ai en effet une carelette électrique à eau et je voulais l’utiliser. Eh bien non ! Ce type de machine répond parfaitement aux besoins de coupe de carrelage de sol, plutôt épais, mais pas à la faïence. Celle-ci est en effet mince et son faïençage plutôt fragile. La carelette électrique a tendance à abîmer le faïençage et à provoquer des éclats inesthétiques. Donc on travaille à l’outil à main ! Voire quand on est doué (autrement dit pas comme moi !), à la meuleuse équipée d’un disque diamant et qui permet, elle, de faire des coupes autres que toutes droites (des arrondis, des angles, …).

Notre aventure continue et nous posons le deuxième carreau, à l’horizontale cette fois. Pour rappel, notre mur fait 90 cm de large. Ce carreau est recoupé à gauche pour se placer dans l’espace restant libre et à la base pour tenir compte de l’épaisseur du receveur et aussi des joints afin que les premières rangées se retrouvent bien avec un joint "face/face". Cette règle de calcul tient compte de l’épaisseur des joints.

3ème leçon : pour de la faïence, le joint doit faire de 2 à 3 mm.

4ème leçon : la colle. Je ne le savais pas, mais il existe des colles différentes selon la taille des carreaux ! Eh oui ! Nous utilisons ici une colle pour carreau jusqu’à 30 x 60 cm, résistante à l’humidité puisque nous sommes en milieu humide.

5ème leçon : la préparation du support. Nous sommes vernis, rien à faire dans notre cas puisque nous collons sur du Fermacell. Si nous avions utilisé des plaques de plâtre, un apprêt spécial aurait été nécessaire. Cet apprêt à la particularité de former un film sur le support et de favoriser son étanchéité.

Nous continuons la pose de nos carreaux en positionnant celui de droite tout comme nous l’avons fait pour celui de gauche.

 

 

6ème leçon : la pose de la colle. Nous n’avons pas à rattraper d’épaisseur particulière ici. La colle est donc posée sur le carreau avec un peigne. Il est important de bien tracer les lignes des dents du peigne. Je me suis d’ailleurs fait rappeler à l’ordre quand j’ai fait des gros pâtés informes !

 

 

7ème leçon : vérifier ses niveaux. Alors là, moi je dis respect ! Parce qu’il va falloir me faire greffer le niveau quelque part pour que j’arrive à tout faire en même temps. Mon professeur du jour parvient à poser le carreau, le placer à l’œil et manipuler le niveau en même temps pour faire ses vérifications systématiques : le niveau de la ligne de carreaux, la planéité verticale et la planéité horizontale.

8ème leçon : ce n’est pas en appuyant comme une sourde sur son carreau encollé en le plaçant qu’on fait du bon boulot ! Il faut le poser en légèreté et c’est avec son niveau qu’on l’ajuste par rapport aux carreaux voisins. Il est effectivement plus facile d’appuyer au bon endroit pour le placer que de devoir le décoller pour le replacer correctement (ça sent le vécu là !).

9ème leçon : les entretoises. Je me demandais bien comment on plaçait vraiment ces foutus machins parce que j’avais vu plusieurs méthodes et que j’avais été pas mal embêtée sur un chantier précédent. Il faut les positionner tout simplement comme sur la photo afin de caler le carreau qui a été précédemment positionné. Elle n’a qu’un rôle de cale. Petite astuce technique pour l’entretoise qui casse quand on l’enlève : il suffit de l’enfoncer avant de faire ses joints. Ainsi, elle ne dépassera pas de manière inesthétique.

Et on monte, et on monte ! Nous voilà arrivés pas loin de la plaque qui va accueillir le robinet de la douche et là nous avons un problème d’épaisseur lié aux vis de cette plaque. Deux méthodes pour régler la question : soit l’épaisseur des vis est trop importante pour être compensée par la colle et il faut alors entailler l’arrière de notre carreau pour que la vis vienne s’y loger ; soit l’épaisseur peut être compensée et nous faisons un double encollage mur ET carreau. Alors là, ça se complique pour bibiche !

10ème leçon : le double encollage. La colle est posée sur le mur avec notre peigne. Puis sur le carreau. Mais les lignes de colle ne doivent pas être dans le même sens ! Eh oui ! En croisant les lignes de colle, nous sommes sûrs de la prise d’une part et surtout nous évitons les bulles. Ces fichues bulles qui rendent un son creux sur le carreau une fois la colle sèche. Ces bulles ne sont pas forcément un gros problème, mais elles peuvent parfois fragiliser le carreau.

Nous en arrivons à notre plaque de robinet : et là, il faut être très précis ! Le plombier n’a pas forcément posé la plaque pile de niveau mais pour lui pas de problème, il a les écrous de réglage qui vont bien ! Mais pour la faïence c’est une autre histoire ! Donc on procède au repositionnement de la plaque, pile de niveau et on fait un gabarit en carton de l’emplacement des futurs robinets. Ce gabarit est reporté sur le carreau qui doit se placer ici et on perce !

11ème leçon : percer la faïence. J’ai déjà percé de la faïence, mais après travaux. Là, il s’agit de prévoir en fonction de l’existant. Donc perçage pour le passage du robinet ! Nous utilisons une scie cloche. Mais pas n’importe quelle scie cloche ! Non, non, scie cloche pour faïence ! La scie cloche pour carreaux de sol est différente. Bref, il faut toujours bien se renseigner sur le matériel utilisé et sur sa destination. Sinon, on se génère plus de problèmes que voulu. Donc là, on utilise une perceuse pour faire un pré-trou puis une scie cloche spéciale faïence pour faire le trou. Avec cette méthode, la scie cloche ne "dérape" pas sur le carreau et le perçage est très précis. Il va de soi, et je ne l’avais pas dit, que la scie cloche doit être du diamètre adapté au passage de la tuyauterie. Et voici notre carreau percé.

Bien évidemment, avant de le coller, nous le positionnons pour voir si tout va bien. Ici, nous avons dû retailler un des trous pour être bien calé sur la robinetterie. Nous encollons notre carreau en faisant attention à ne pas déborder sur nos perçages.

Et on monte, on monte !

 

Bien évidemment, arrivés au plafond, celui-ci n’est pas de niveau. Il faut donc prendre toutes les cotes nécessaires pour tailler nos carreaux correctement. Une fois que c’est fait, on passe à la :

12ème leçon : nettoyer son travail. Le premier panneau étant terminé, on passe un bon coup d’éponge humide sur nos carreaux et sur le receveur pour enlever les traces de colle. Les outils sont rassemblés et rangés s’ils ne servent plus. On peut maintenant passer à la suite !

Et hop, le panneau de gauche ! La première rangée de carreaux est préparée comme précédemment, c’est-à-dire qu’ils sont recoupés afin de tenir compte de l’épaisseur du receveur. Et c’est là que l’on voit bien l’importance de cette préparation, sur le dernier carreau de la rangée, débordant du receveur. La coupe est faite ici avec la meuleuse après report du tracé de l’angle.

Et on monte, on monte ! Le travail est un peu plus facile ici puisque nous avons des carreaux entiers à poser. La seule difficulté vient de ce que le mur n’est pas tout à fait droit et présente un « ventre » en haut (autrement dit une bosse). Les carreaux sont donc posés en double encollage (leçon 10) afin d’obtenir dès le départ l’épaisseur nécessaire au rattrapage du mur.
Remarque : nos carreaux vont être bordés d’une baguette de finition. Celle-ci devrait être posée dès le départ. Cependant, pour être certain de sa pose avec ce mur ventru, le choix est fait de la poser en dernier. Les derniers carreaux, du côté de la future baguette, n’ont donc pas de colle sur un bon centimètre afin que nous puissions la glisser dessous à la fin.

On passe ensuite au mur de gauche. Seuls les carreaux entiers sont posés. Le nez de cloison fera l’objet d’une prochaine leçon, le travail étant un peu délicat.
Et voilà le travail ! Il me reste maintenant à terminer la pose des carreaux à la suite de ceux des murs gauche et droite, à finir la préparation du nez de cloison (terminer l’enduit de lissage pour avoir un fini impeccable) et nous pourrons passer à la leçon suivante sur les finitions : nez de cloison, joints, baguettes.
Allez, le week-end prochain, je me lance en solo ! J’ai un peu le trac car j’espère être à la hauteur de ma leçon du jour. Souhaitez-moi bonne chance !

Remarque : ce post pourra faire l’objet de correctifs après relecture par mon "prof".

About these ads

6 Réponses so far »

  1. 1

    patricegabin said,

    Bon bah avec tout ça j’suis paré pour le moment où je me déciderais à refaire ma salle de bain (projet de dans 2 ans que j’ai depuis au moins 5 ans ^^). Merki m’dame chichiponpon pour le cours de faïencerie et beau boulot ^^
    Une question m’interroge tout de même à la lecture de cet article :"quand tu parle à la 7e leçon, de "vérifier les niveaux", tu parles du niveau du liquide des batteries pour les lapins fluos, hein ? c’est ça ?? :p

  2. 2

    Lou said,

    @Patoche : je vois que j’aurais largement le temps de finir ma salle de bain avant que tu n’attaques la tienne, hé, hé ! Quant aux niveaux dont je parle, ce ne sont ni ceux des lapins fous de Fadaland, ni ceux de la bouteille d’apéro … quoique c’est important après le boulot ! :)

  3. 3

    patricegabin said,

    Tu m’étonnes… à raison de 3 whisky pour 1 carreau de Faïence, le niveau des bouteilles d’apéro doit descendre à vitesse grand V :p

  4. 4

    Lou said,

    Va pas falloir les poser de travers ces carreaux ! Faut faire les niveaux !!!! LOL

  5. 5

    Aurélie said,

    et ben moi j’ai tout compris!!! parée à faire de même !!
    j’attends la prochaine leçon avec impatience car je songe sérieusement à mettre en pratique la pose de baguette de finition….
    allez au boulot!!!

  6. 6

    Lou said,

    Alors je me dépêche de tout finir comme ça tu pourras attaquer ton chantier. Bon courage et bisous !


Comment RSS · TrackBack URI

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

%d bloggers like this: